C'est une vieille bergerie abandonnée.
Quand je l'ai connu, il manquait une partie de la toiture.

Nous y montions le samedi soir après l'école.
Le car d'abord, puis la montée à pied, deux heures et demi, dans la nuit, avec ou sans la lune.

Il arrivait que la bergerie soit déjà occupé par ce que nous n'appelions pas encore des randonneurs.
Rencontre joyeuse où nous partagions nos victuailles.

Atmosphère enfumée par la cheminée qui tirait mal.
Feu de camp et vin chaud dans le pré.
Chaleur intense devant, froid glacial derrière, les guitares ne s'y trompaient pas qui en craquelaient leur verni en grelotant.

Nous dormions en bas dans la paille amené par quelques altruiste.
Ou en haut pour ceux qui voulaient rester près du feu.

Maintenant les feux sont interdit.

La bergerie a été entièrement rénovée.
Les cloisons abattues.
Nos traces graphiques de passages recouvertes par un virginal enduit.
Les grillages, murs et portail enclosent les lieux que nous squattions avec la permission généreuse des proprios heureux de tailler une bavette.

Des tables à pique nique ont fleuries dans les sous bois avec les poubelles et les panneaux d'interdictions divers et variés.
Les routes d'accès sont fermées la nuit et pendant les beaux jours.

Il parait que c'est le progrès.